HOOKE (R.)


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HOOKE ROBERT (1635-1702)

Savant anglais qui fut l’un des esprits les plus féconds du XVIIe siècle. Élève à Oxford, Robert Hooke attire, par sa remarquable dextérité et son esprit inventif, l’attention de Robert Boyle qui l’engage comme assistant dans son laboratoire (1655) et avec lequel il construit sa machine pneumatique. Cette machine permit à Boyle d’effectuer des expériences sur le rôle de l’air: il constata, en effet, qu’un combustible aussi actif que le soufre ne s’enflamme pas s’il est placé dans une enceinte vide; de même, dans ces conditions, un animal ne peut vivre bien longtemps. Hooke essayera par la suite d’interpréter ces résultats. À partir de 1665, il est professeur de géométrie à Gresham College.

Membre (1663) puis secrétaire (1678) de la Royal Society de Londres, il y présente de nombreuses communications sur les sujets les plus divers, tels que les taches du Soleil et celles de la Lune, les propriétés des cristaux et la composition de la lumière (il pressentit l’hypothèse, reprise par Fresnel, suivant laquelle la lumière est formée de vibrations transversales). Sa controverse avec Newton a entraîné celui-ci à préciser ses idées sur la nature de la lumière et sur son hypothétique support, l’éther. Il invente un régulateur pour le balancier des montres (1658), un système de télégraphie optique (1684), plusieurs moyens de voler dans les airs, le baromètre à roue, l’hélioscope (A Description of Helioscopes and Some Others Instruments , 1676), le thermomètre à alcool, le joint universel. Il perfectionne le télescope et propose de choisir, pour le degré zéro du thermomètre, le point de fusion de la glace. En 1676, il formule la loi qui porte son nom sur l’élasticité des corps solides. Il a reproché à Newton d’avoir puisé dans ses travaux, sans les citer, pour énoncer la loi de la gravitation universelle qu’il avait entrevue.

Chimiste, il s’intéresse aux premières théories de la combustion. Il désigna sous le nom de «nitre aérien» le principe de la combustion et de la respiration. De ce fait, il doit être considéré, avec John Mayow, comme l’un des précurseurs de Lavoisier. Pour expliquer le rôle de l’air, il pense que celui-ci contient une substance semblable à celle que l’on trouve dans le salpêtre; c’est cette partie de l’air qui nourrit à la fois le feu et la vie.

La biologie lui doit de nombreuses observations (ailes d’insectes, puces, poux) faites à l’aide d’un microscope de sa fabrication; dans son ouvrage Micrographia, or Some Physiological Descriptions of Minute Bodies Made by Magnifying Glasses (1665), il emploie, le premier, le mot «cellules» pour désigner les sortes d’alvéoles qu’il discerne en regardant les coupes de liège au microscope. Marcello Malpighi et d’autres retrouvent des figures semblables dans des coupes de certains parenchymes végétaux. Mais il n’y avait à cette époque ni généralisation possible ni emploi pour les structures ainsi entrevues. En outre, il a étudié la transfusion sanguine, les greffes de peau, etc. Enfin, il fut l’un des créateurs de l’anatomie comparée des végétaux fossiles et vivants, grâce à ses études microscopiques sur les foraminifères et sur l’anatomie des bois fossiles, et un précurseur incontestable de la théorie transformiste: «Il peut y avoir eu diverses variétés issues d’une même espèce», écrivit-il; ou encore: «Nous savons que la variation du climat, du sol et de la nourriture produit souvent un changement chez ceux des corps qui ont à les supporter.»

Architecte, et ami de sir Christopher Wren, il propose un plan de reconstruction de Londres après le grand incendie de 1666; il est l’auteur du monument qui commémore cette catastrophe, ainsi que des plans du Royal College of Physicians. En outre, conscient de l’utilité des grandes collections, il proposa la création d’un musée national britannique.

Après Attempt to Prove the Motion of the Earth (1674), où il adopte définitivement la loi de l’inertie et reprend l’idée de l’attraction mutuelle des planètes et du Soleil, mais sans réussir à préciser la loi d’attraction, il publie Lampas or Descriptions of Some Mechanical Improvements of Lamps and Waterpoises, together with Some Others Physical and Mechanical Discoveries (1677).

Encyclopédie Universelle. 2012.

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